| Résumé : |
Si l'on a beaucoup étudié la mélancolie, on a déjà moins étudié la manie, et encore moins le passage de la mélancolie à la manie, plus largement le passage de l'état dépressif à l'état de triomphe du moi, cette dernière expression étant employée par Freud pour caractériser les états d'excitation ou d'élation du moi. On s'attachera donc, sur le modèle pathologique particulier du passage de la mélancolie à la manie, à cerner le processus métapsychologique sous-jacent à ce qu'on appelle communément les troubles cycliques ou les variations d'humeur, et dont la dynamique ressortit aux modes de relation qu'entretiennent ensembles les différentes instances de l'appareil psychique. Nos références théoriques dans cette entreprise restent essentiellement psychanalytiques et nous pouvons déjà avec Freud désigner le contexte des troubles cycliques : ils'agit d'un "théâtre intérieur" sur la scène duquel le moi, dans son rapport avec sa propre instance idéale, continue de tenir le même rôle que celui qu'il tenait déjà dasn son rapport avec l'objet extérieur, avant qu'il ait incorporé ce dernier en lui laissant sa place.... |