| Résumé : |
L'engouement actuel en alcoologie pour les troubles mnésiques observés chez les patients ne paraît pas pouvoir se résumer à un simple constat de déficit consécutif à une intoxication chronique. En effet, déjà Fouquet, il y a 40 ans , avait réalisé ce même constat d'altération mnésique en insistant sur le caractère réversible de ces troubles à très court terme. Il était même allé jusqu'à écrire ce phénomène à partir de l'introduction d'un néologisme, celui de "l'apsychogonie". Après avoir résumé la description de Fouquet, de l'psychogonie à partir des troubles de la conscience de soi, de l'émergence d'instances psychiques archaïques, de l'utilisation des schémas d'activité professionnelle préservée et d'un état transitoire parfaitement réversible, nous proposons une lecture psychanalytique de ce néologisme. Pour expliquer la présence de troubles mnésiques, nous critiquerons les leins supposés par certains successeurs de Fouquet entre l'approche théorique de l'école psychosomatique (Marty P. l'ordre psychosmatique, les mouvements individuels de vie et de mort. Essai économique psychosomatique, Tome II.Paris : Payot ; 1980 ) et le néologisme d'apsychognosie. Nous discuterons ensuite l'intérêt de la description clinique et de la proximité entre apsychognosie et alexthymie. Nous proposerons enfin une approche théorique inspirée des théories de Freud et de lacan de l'apsychognosie. A partir d'une hypothèse étiopathologique, les troubles mnésiques présents chez les sujets alcooliques seront considérées comme un enkystement archaïque à un idéal d'identification narcissique ayant des répercussions sur des difficultés d'existence. |