| Résumé : |
Cet article rend compte d'une recherche qualitative menée au sein de cinq unités pénitentiaires à Rio de Janeiro, visant à appréhender les représentations des risques et les pratiques de soins en milieu carcéral. La question du VIH et de la tuberculose (particulièrement dense dans l'Etat de Rio) a permis de metttre en lumière, au plan des représentations, la persistance d'une certaine distance, et ses modalités entre les différents acteurs -détenus, soignants, surveillants- distance au service du maintien des identités et du respect des normes catégorielles. Si la crainte de contracter une maladie renvoie bien à la réalité de la situation sanitaire dans les prisons comme aux conditions de détention et de travail, elle révèle aussi la fragilisation identitaire associée à la dilution des distinctions moi/non-moi, sujet/objet, par la puissance symbolique des sens figurés de la souillure qui menace les frontières du corps propre, crops physique et corps social. Si l'on postule une homologie entre l'organisation des rapports sociaux et celle des croyances et représentations, l'importance de la problématique de la contagion en prison se déploierait sur un fond d'altération, voire de dillution de l'ordre symbolique, entendu comme ce qui let en lien et en loi. |