| Résumé : |
Une patiente de 20 ans, suivie pour trouble bipolaire, a été hospitalisée pour un épisode maniaque aigu en unité intensive. L'évolution a été marquée par l'apparition, 14 jours après la prescription d'un neuroleptique (loxapine), de symptômes fortement évocateurs d'un syndrome malin des neuroleptiques (SMN) selon les critères du DSM-IV, notamment une fièvre inexpliquée, une rigidité musculaire sévère, une dysphagie avec fausses routes alimentaires et une élévation importante des enzymes musculaires (CPK, LDH). Deux semaines après sa rémission du SMN, elle a présenté un syndrome catatonique fait d'immobilité, maintien d'attitudes, flexibilité cireuse et un état de stupeur. Par ailleurs elle était mutique, opposante et négativiste et présentait des attitudes d'écoute qui évoquaient des hallucinations auditives. La guérison fut obtenue par sismothérapie. La survenue chez la même patiente à 15 jours d'intervalle d'un tableau clinique compatible avec un syndrome malin des neuroleptiques et un syndrome catatonique pose le problème de leurs relations étiologiques et physiopathologies. En effet, le déficit en dopamine est souvent incriminé dans l'étiopathogénie du SMN mais aussi dans les états de catatonie. Dans ce cas clinique, nous suggérons que le syndrome malin des neuroleptiques a accéléré l'évolution vers un syndrome catatonique. |