| Résumé : |
L'hyperemesis gravidarum (HG) est un désordre métabolique de la grossesse qui se manifeste par des nausées et des vomissements si sévères qu'ils peuvent requérir une hospitalisation. Ces patientes se caractérisent par la présence de corps cétonique dans leur urine, de niveaux d'électrolytes altérés, par un état de déshydratation et pour plusieurs, une perte de poids plus importante que 5%. Aujourdhui la littérature considère l'hyptothèse d'une étiologie multifactorielle caractérisée par les pôles psychologiques et biologiques et dont l'architecture pourrait différer d'une patiente à l'autre. Les mères immigrantes présentent de deux à trois fois plus de risque de développer l'HG. L'objectif de l'analyse présentée dans ce papier est de comprendre la complexité du sens que les immigrantes vietnamiennes, victimes de vomissements sévères, ont attribué à leur malaise dans le contexte de leur théorie populaire de la santé et de leur expérience migratoire. La méthode employée s'est fondée sur l'analyse de récits ethnographiques de 19 mères d'origine vietnamiennes au Québec en lien avec leur expérience de la maternité au Vietnam, au camp de réfugié et au pays d'accueil. Les récits suggèrent que 8/19 des mères (42%) ont souffert de nausées et vomissements sévères durant différents trimestres de la grossesse. Celles-ci ont attribué des relations causales à leurs symptômes en lien avec la théorie populaire de la santé sino-vietnamienne. Leurs explications suggèrent aussi de façon indirecte, un déséquilibre social qui serait lié à la perte du réseau familial resté au pays d'origine. Etant donné que les mères vietnamiennes ont une identité davantage collectiviste et qu'elles sont particulièrement attachées à leur réseau familial, l'analyse suggère que cette perte a eu un impact négatif considérable sur leur bien-être. Une hypothèse sociosomatique et dès lors suggérées pour expliquer la haute proportion de mères souff |