| Résumé : |
Objectifs
Entre 2004 et 2014 la consultation cannabis de l’hôpital Lariboisière à Paris a reçu des fumeurs de cannabis en demande soins. L’objectif est de connaître ce qui distingue (1) les usagers de cannabis avec une comorbidité anxieuse et/ou thymique, des usagers sans, et (2) les usagers en fonction de l’âge de début: de la consommation cannabique, du premier trouble anxieux et du premier trouble de l’humeur.
Méthodes
Trois cent quarante-deux gros fumeurs de cannabis ont été évalués : caractéristiques sociodémographiques, comorbidité addictive et psychiatrique (DSM-IV).
Résultats
Analyse en régression logistique distinguant les usagers de cannabis avec comorbidité ( n = 234) des usagers sans ( n = 71) : les femmes sont plus nombreuses (aOR = 7,02 ; p < 10 −3 ), le nombre de critères de dépendance au cannabis passée est plus élevé (aOR = 1,43 ; p < 10 −3 ), ils sont plus âgés (OR = 1,06 ; p = 2 × 10 −3 ). L’analyse en classe latente retrouve trois classes : C1 (50 %) (âge début cannabis précède âges début troubles anxieux et de l’humeur) ; C2 (27,3 %) (âges début troubles de l’humeur et anxieux précèdent âge début cannabis ; C3 (22,7 %) (âge début troubles anxieux précède âge début cannabis et début troubles de l’humeur).
Conclusions
Ces trois classes se distinguent significativement par les taux de troubles anxieux sur la vie, l’anxiété sociale sur la vie et la séparation/divorce parental : C1 (63,3 %, 27,4 %, 34,2 %), C2 (82,8 %, 50 %, 41,7 %), C3 (100 %, 69,8 %, 54,9 %). La prise en compte de la séparation/divorce parental, et par extension des événements traumatiques durant l’enfance et l’adolescence, est indispensable dans l’étude de l’impact de l’âge de début de la consommation de cannabis dans la survenue des troubles anxieux et de l’humeur. |