| Résumé : |
La situation légale du suicide assisté en Suisse est brièvement décrite comme l’intervention d’une association d’aide au suicide. Le médecin traitant entre en lice aux côtés du patient lorsqu’il lui parle de son projet ; le malaise du soignant ouvre la porte du doute et de la réflexion éthique. L’article décrit ce chemin tortueux : pour avancer il faut en déconstruire les éléments et tenter malgré tout de « faire son métier » honnêtement. Faut-t-il intervenir ? et comment ? Y-a-t-il un bon suicide et un autre mauvais ? l’assistance du suicide peut-elle être le reflet d’une ultime compassion ? le médecin doit-il toujours se soumettre à son serment ? Et le soignant prenant quelque recul se place dans la société proche, familiale, ou lointaine à l’échelle d’un pays. La famille, les proches et les soignants de proximité souvent ne sortent pas indemne de la réalisation d’un tel projet. Soutenir ces personnes fragilisées est aussi un devoir médical et, pour ce faire, il est conseillé de conscientiser, verbaliser ces souffrances protéiformes. Le contexte sociétal utilitariste influence de telles décisions. L’économie de la santé nous baigne : un mort est moins coûteux qu’un mourant ! Les soins palliatifs présentés comme alternative sont parfois insuffisamment développés et consommateurs de deniers publics comme de soignants… Enfin la dignité dans laquelle il est conseillé de mourir est-elle un alibi de bonne conscience permettant de nier la vraie dignité humaine, celle qui n’a pas de prix ? |