| Résumé : |
Objectifs
Cet article se propose de questionner la fonction du rituel dans la tradition juive et ses relations à la mémoire collective.
Méthode
Pour cela, nous passerons en revue les interactions entre l’acte et la pensée à la lumière de la psychanalyse et des neurosciences, dans le but de faire émerger les propriétés du rituel en rapport avec les processus mémoriels.
Résultats
Il apparaît une certaine hiérarchisation en faveur de l’acte par rapport aux mécanismes liés à la pensée, et ceci à un niveau phylogénétique. Et nous retrouvons ce caractère dans la prééminence du rituel dans le judaïsme, qui n’est pas simplement un phénomène névrotique parasitant la pensée, mais devant être considéré comme un réel contenu historique agi dans sa composante mythique.
Discussion
La mémoire n’est pas un phénomène univoque et la tradition juive associe principalement deux de ses canaux : à savoir, la mémoire épisodique pour le récit d’une histoire, et la mémoire procédurale, pour les actes impliquant le rituel. Ces deux pôles mémoriels agissent de concert pour réactiver le souvenir dans sa fonction identitaire.
Conclusion
Il faut donc envisager une fonction élargie du rituel, visant à favoriser un travail de mémoire, plutôt que comme un phénomène entravant le fonctionnement psychique. Ceci distingue nettement la fonction du rituel au niveau individuel, manifestation psychopathologique de la névrose obsessionnelle, du niveau collectif, ayant cette ambition de ramener à un temps mythique faisant revivre le passé par l’intermédiaire des actes des ancêtres. Les fondements essentiels du rituel religieux, non seulement dans la sphère du judaïsme, mais également au-delà, seraient finalement une régénération périodique cyclique impliquant un travail de mémoire agie. |