| Résumé : |
La responsabilité n’est pas un concept facile à définir et celle de l’enfant ne saurait se confondre avec celle de l’adulte : cette « présence à soi et à autrui » n’est pas innée et se construit progressivement dans les interrelations, en fonction des règles éducatives, des progrès de la pensée rationnelle, mais aussi de la structuration de la personnalité et des occasions d’expérimenter concrètement sa mise en œuvre dans la relation à soi et aux autres. L’intériorisation de cette « éthique de responsabilité » reste longtemps aléatoire, soumise aux circonstances et influences extérieures, mais il importe de la valoriser aux yeux de l’enfant et de l’adolescent. Il convient cependant de distinguer parmi nos jeunes patients, ceux qui en saisissent la portée et ceux pour qui cette valeur reste étrangère à leur fonctionnement psychique soumis à des limitations ou des contraintes peu mobilisables. La question de leur « responsabilisation » possible est encore l’objet de beaucoup de controverses tant dans les milieux éducatifs que judiciaires. Dans le champ de la pédopsychiatrie, l’enjeu est bien pour chaque soignant d’inscrire la responsabilité dans l’espace thérapeutique tel qu’il se déploie dans la relation duelle en contre-point de celle qu’il se doit d’assumer dans son alliance avec les parents. L’exercice de la responsabilité occupe de fait une place capitale dans l’éthique professionnelle de tous ceux qui sont soucieux du devenir adulte des enfants qui leur sont confiés. |