| Résumé : |
Le baclofène est un agoniste des récepteurs de l'acide gamma-aminobutyrique de type B qui possède depuis les années 1970 une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la spasticité neurologique, à la dose maximale de 120 mg par jour. Depuis les années 2000, le baclofène fait l'objet d'essais cliniques à faibles doses (le plus souvent 30 mg/j) pour l'aide au maintien de l'arrêt de l'alcool chez le sujet alcoolodépendant, avec des résultats discordants. En France apparaît en 2008 une pratique de prescription hors AMM de baclofène, dans laquelle le traitement est monté parfois à de très fortes doses (jusqu'à 300 mg/j, et même davantage), avec l'objectif de réduire plus ou moins rapidement la consommation d'alcool. Cette pratique était au départ totalement empirique, et a mené progressivement à des essais cliniques, puis à une AMM nationale en 2018. En parallèle, les données internationales rapportent plutôt des données validées pour l'utilisation du baclofène à doses plus faibles et plus fixes, et dans l'aide au maintien de l'abstinence après un arrêt encadré de l'alcool. Les deux types d'utilisation sont discutés ici. Un certain nombre de données suggèrent que le baclofène, du fait de son profil gabaergique, est anxiolytique et semble tout particulièrement aider les personnes avec des comorbidités anxieuses, surtout lorsque l'alcool a pu être utilisé comme anxiolytique. La surveillance du baclofène, en particulier à hautes doses, est un enjeu particulier de ce traitement, qui peut provoquer des effets sédatifs, surtout en association avec l'alcool. [Résumé d'auteur] |