| Résumé : |
Les violences en périnatalité ont été peu étudiées pour la période pré-contemporaine et sous l’angle de leur impact sur la santé mentale des mères et des enfants. Cet article analyse l’histoire des violences en périnatalité, du XVII e au XIX e siècle, en soulignant la diversité de leurs formes et la difficulté de les appréhender avec nos critères actuels. Il révèle que cette violence ne se limitait pas aux actes intentionnels, mais incluait aussi des pratiques ou croyances culturelles, souvent intériorisées ou banalisées. Les femmes enceintes étaient considérées comme pouvant nuire au fœtus par leurs émotions, tandis que les troubles psychiques maternels étaient d’abord attribués à leur nature avant d’être liés à des facteurs sociaux. Les femmes subissaient également des violences lors de l’accouchement, tant par les pratiques traditionnelles que médicales. Les nouveau-nés étaient quant à eux soumis à des soins aujourd’hui jugés violents. Les progrès médicaux ont contribué à réduire la mortalité, mais ont parfois imposé de nouvelles contraintes. Progressivement, une évolution des mentalités a conduit à une meilleure reconnaissance des besoins de l’enfant. Cette perspective historique éclaire ainsi les débats contemporains sur les « violences obstétricales » et la prise en compte de la santé mentale périnatale, en soulignant la profondeur des continuités et des ruptures qui structurent nos pratiques actuelles. |