| Résumé : |
Cet article propose une réflexion autour du repas et des questions récurrentes que l’on retrouve régulièrement dans la clinique de l’Exil que nous proposons d’articuler à la notion psychanalytique d’originaire. La vulnérabilité du fait de l’accueil, parfois vide de sens, peut être traumatogène quand le public rencontré est pris dans la protection de l’enfance du fait non de violence, mais de la grande précarité des familles qui ne peuvent alors répondre aux critères de l’article 375 du Code civil. Or quand un enfant est placé, cela ébranle l’ensemble de la famille. La question alimentaire est alors posée comme une proposition d’ordonnancement pulsionnel pour des mères qui ne sont plus, au quotidien, nourricières ; pour des enfants qui ne sont plus dans le bain de la langue d’origine. Mais elle est suspendue à celui qui la reçoit et est traversé de nostalgie. Manger permet un retour à des sensations primaires et de montrer la cuisine des « intraduits » en luttant pour ne pas devenir à leur tour Lotophages. La psychanalyse a permis la lecture d’un mythe tiré de l’Odyssée, celui des Lotophages, permettant une lecture des mécanismes inconscients en jeu. |