| Résumé : |
Mon expérience dans le champ de la petite enfance m’a beaucoup sensibilisé à un type particulier d’intervention que j’aimerai appeler le « travail de l’attention », par référence au livre de W.R. Bion : attention et l’interprétation. Jean Guillaumin (1983) a développé la notion freudienne de « travail psychique » : à côté du classique « travail du rêve » dégagé par S. Freud, il souligne l’existence du travail du deuil, ainsi que celui propre à l’engendrement, la (pro)création, et au « travail amoureux ». Chaque cas se définit par un certain rapport entre la pulsion et son objet. René Kaës a insisté, quant à lui, sur le travail psychique imposé à la psyché par sa situation intersubjective. L’appareillage groupal impose un tel travail. Il définit le travail de l’intersubjectivité comme « le travail psychique de l’ Autre et de plus-d’ un-autre dans la psyché du sujet » (Kaës, 1993, p. 293). La notion, seulement ébauchée ici, du « travail de l’attention » met l’accent sur ces situations particulières où le sujet est encore peu différencié de l’objet, où la pulsion s’est encore peu organisée selon sa source, sa poussée, son objet et son but. Avec les nourrissons, avec les tout-petits, le sujet est à l’état naissant, l’appareil psychique est en construction. |