| Résumé : |
Parce qu’il est la possibilité d’une sollicitude à l’égard de l’autre, le toucher se trouve à la base même de l’éthique. Il est central chez les professionnels du toucher a fortiori quand il s’adresse à un enfant ou à un adolescent dans le champ pédopsychiatrique. Des questions sont quotidiennement soulevées et le travail d’après-coup devient nécessaire car il règne une grande ambivalence et confusion autour de ce sens. La pratique des psychomotriciens sera le fil conducteur de cet article. Leur expérience reste précieuse quant à l’élaboration du cadre thérapeutique et éthique afin de parvenir à une juste distance entre le soignant et le soigné. Deux vignettes cliniques illustreront cette pratique au regard du toucher non sans au préalable aborder la dimension historico-médico-philosophique de ce sens. Les psychomotriciens s’appuieront entre autres sur la phénoménologie de Merleau-Ponty. La pensée de ce dernier a pour fondement le toucher, sens de la médiation entre la surface et la profondeur de l’être, mais également paradigme du rapport au monde, lequel est mis en lumière à partir de l’expérience dite du touchant–touché. C’est au prix d’un travail d’élaboration et de réflexion rigoureux que l’usage du toucher en pédopsychiatrie, quelles que soient les difficultés pathologiques, pourra être thérapeutique : contenir et envelopper sans étreindre, ni exciter, ni contraindre…[résumé des auteurs] |