| Résumé : |
Objectif
Cette contribution propose d’aborder différents aspects de la posture parentale quant au fait de consulter (ou non) pour l’enfant, que ce soit pour une question de santé physique et/ou psychique, afin de dégager quelques pistes susceptibles d’aider le professionnel. Pour ce faire, nous explorerons différents cas de figure du « désir » du parent de consulter un intervenant de la sphère médico-psycho-sociale, dont les répercussions conduisent le cas échéant l’enfant en situation de maltraitance.
Méthode
Au risque d’être schématique, nous proposons de regrouper en sept catégories les postures possibles lorsque le parent fait appel ou non à un professionnel pour quelque raison que ce soit. Nous assumons la modalité arbitraire de cette classification. Précisons que chaque tableau présenté ici à un temps « x », celui du contact « professionnel–parent(s)–enfant », peut basculer d’une catégorie à l’autre en fonction de l’évolution de plusieurs paramètres, qu’ils soient individuels, relationnels, contextuels.
Résultats
Nous nous centrerons sur deux cas de figure spécifiques qui traduisent des angoisses massives de l’adulte à l’égard de l’enfant, l’entraînant dans un processus allant jusqu’à la construction délirante à son propos, ou d’un processus plus ou moins élaboré d’utilisation de l’état du jeune dans un objectif défini. Ainsi, nous développerons, d’une part, les situations de syndrome d’aliénation parentale (SAP), et d’autre part, les situations de création de symptômes chez l’enfant par le parent, dont le paradigme est représenté par le syndrome de Münchausen par procuration (SMPP).
Discussion
Derrière le désir de consulter et la préoccupation du parent envers l’enfant, on observe des situations d’inadéquation parentale parfois bien camouflées, difficiles à repérer. Ainsi, gardons à l’esprit l’hypothèse d’une maltraitance infanto-juvénile, lorsqu’on s’interroge sur les tenants et aboutissants d’une démarche de consultation qui suscite de la perplexité, d’une préoccupation parentale déconcertante… Précisons encore que nous évoquons ces entités en prenant comme paradigmes les mères faisant appel au professionnel, en tant que personnes centrales des dynamiques complexes à l’œuvre ; il est évident que nombre de situations concernent des pères, certainement lorsqu’il s’agit de processus d’aliénation. Quoiqu’il en soit, il nous semble utile, dans la perspective d’un accompagnement pertinent de l’enfant et de son entourage, d’aborder le plus précisément possible le contexte relationnel rencontré. Comprendre sans juger constitue habituellement une première étape de toute intervention d’aide et de soins. À défaut, le professionnel est menacé de n’être qu’un acteur plongé (in)-volontairement, (in)-consciemment, au sein d’un système hypothétiquement maltraitant. In fine, il y a lieu d’être prudent lorsque nous estimons qu’un enfant est instrumentalisé car bien des cas de figure se rencontrent…
Conclusion
Un des risques pour l’intervenant est de s’arrêter à la demande première du parent sans prendre le temps d’explorer les tenants et aboutissants de la démarche. L’enfant est alors objet de consultation et non sujet de soin. Soulignons aussi que le motif de consultation n’est parfois présent que dans les représentations du parent, ses convictions voire ses certitudes ; il peut arriver que l’enfant ne manifeste ni dans son corps ni dans son fonctionnement psychique ou relationnel de signes d’appel francs. Plus que jamais, la part de subjectivité est présente tant dans le chef du parent que du professionnel. Il nous faudra dès lors faire preuve de prudence en nous étayant sur quelques points de repère afin d’éviter de produire ce qu’on redoute. |