| Résumé : |
Objectif
Cet article vise à repérer la fonction psychique de ces mouvements nommés : errance, déambulation, vagabondage, jusqu’à l’agitation motrice qui anime certains patients. Ces considérations, ayant intéressé les premiers aliénistes, demeurent une actualité de la psychopathologie contemporaine, de la clinique de l’hyperactivité à celle de l’autisme qui nous intéressera particulièrement ici. Nous proposerons alors, à partir du concept psychanalytique de pulsion, un modèle économique menant du corps à la psyché, modèle d’une pulsion du mouvement opérant dans la clinique.
Méthode
Pour ce faire, nous croiserons les données issues d’une étude épistémologique concernant l’hypothèse d’une pulsion motrice ; hypothèse partagée par Jean Bergès, Jean-Marie Forget, Marie Couvert ou encore Marie-Christine Laznik qui questionnera le lien entre mouvement, motricité et douleur. À la croisée donc, de la clinique de l’hyperactivité et de l’autisme. L’étude approfondie de l’Esquisse, nous permettra d’identifier, dans cet écrit pré-psychanalytique de Freud, l’intérêt particulier de ce dernier concernant la question, non pas de la motricité mais du mouvement, Bewegung, dans la version originale du texte.
Résultats
Nous ferons alors apparaître les articulations que fait Freud entre le mouvement et la structuration psychique. Soit, à l’aube de la rencontre entre l’infans et son environnement. À partir de là, il sera dès lors possible de décliner le modèle d’une pulsion du mouvement ainsi que ses effets structurants : sur le corps, de l’agitation motrice à l’agir adéquat, et sur le psychisme par la construction d’espaces singuliers. Modèle théorique à partir duquel nous proposerons de situer les phénomènes que nous nommerons « marche continue » dans la clinique de l’autisme.
Discussion
Nous discuterons alors de la possibilité ou non, pour chaque sujet, de se mouvoir dans cet espace produit par la structure, soit dit autrement, de la possibilité d’une clinique différentielle à partir de la question du mouvement et du traitement de l’espace.
Conclusion
Si la pulsion du mouvement trouve sa cohérence dans les écrits psychanalytiques, et ce dès leur origine, ce concept s’avère opérant pour penser la clinique du sujet en souffrance et proposer des modalités d’accompagnement tenant compte de cette articulation entre corps, psychisme et espace. |