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| Titre : |
Les thérapies d’affirmation de genre : activité médicale et normativation du sujet |
| Titre original : |
Gender-affirming therapies: Medical activity and the normativation of the subject |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Pierre Bonny, Auteur ; Quentin Dumoulin, Auteur ; Mickaël Peoc' h, Auteur |
| Année de publication : |
2024 |
| Article en page(s) : |
p. 477-496 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Dysphorie de genre Traitement d’affirmation Activité médicale Clinique Sujet Thérapeutique |
| Résumé : |
Objectifs
L’objectif de l’article est de questionner aux niveaux théorique et clinique les thérapies d’affirmation de genre. Elles sont en effet présentées dans le DSM-5-TR comme les seules thérapies possibles de la dysphorie de genre, et nous démontrons que cela est discutable du point de vue de l’interaction entre l’activité médicale et la clinique du sujet, ainsi que du point de vue de l’évolution des modèles psychopathologiques de traitement des problématiques liées au genre, cela notamment au regard des données psychanalytiques (diagnostics, processus et thérapeutiques associés).
Méthode
Notre méthode articule une analyse de la littérature et deux cas cliniques. D’abord, nous étudions les évolutions diagnostiques du transsexualisme à la dysphorie de genre dans le champ de la psychopathologie et de la psychanalyse. Ensuite, nous présentons deux cas cliniques de patients ayant envisagé ou engagé une transition. Puis, nous étudions l’activité médicale impliquée dans les thérapies d’affirmation de genre, à partir des thèses de Canguilhem.
Résultats
Le DSM-5-TR a une conception réductrice et contradictoire de la dysphorie : il en situe implicitement la cause et la solution dans le milieu social, sans prendre en compte l’interaction avec le patient. Les théories psychanalytiques ont au contraire maximisé les potentialités de cette interaction, permettant ainsi d’argumenter l’intérêt psychothérapeutique de la réassignation (ou affirmation) de genre, mais aussi d’en démontrer les limites, en tenant compte notamment de la position subjective du sujet dans sa structure psychique.
Discussion
La réassignation se présente comme une normativation de la dysphorie par les traitements médicaux. Or, la normativation doit plutôt être comprise comme le processus par lequel le sujet établit une norme de genre qui lui est spécifique et qui lui permet de traiter sa dysphorie, en faisant un usage singulier des protocoles médicaux de réassignation. Du fait de l’interaction entre le sujet et son milieu, la normativation n’est pas une adaptation à la réalité extérieure ou sociale, mais implique que le second soit aussi modifié par le premier.
Conclusion
On ne peut donc souscrire à la thèse du DSM-5-TR selon laquelle la dysphorie n’aurait qu’une seule thérapeutique possible prédéfinie, systématique et généraliste. La dimension clinique interne à l’activité médicale suppose en effet que la souffrance des patients précède la formalisation qui peut en être faite, et que les dispositifs médicaux sont conçus et appliqués secondairement à une diversité de configurations psychopathologiques. C’est d’ailleurs ce que démontrent les cas et l’histoire des idées et des pratiques présentés. La normativation des patients s’applique à leur environnement incluant les thérapeutiques, lesquelles sont donc appelées à être modifiées et diversifiées. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=122687 |
in L'évolution psychiatrique > n°3 (Septembre 2024 Vol. 89) . - p. 477-496
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