| Résumé : |
Objectifs
En 1958, une équipe médicale de l’hôpital de Bonneval, dirigée par le psychiatre Henri Ey, décide de mener une expérimentation avec une nouvelle substance psychotrope prometteuse : le LSD. Le rapport interne de ces expériences, source unique en France, a été partiellement retrouvé. Cet article se propose donc d’analyser le protocole mis en place afin de réaliser ces essais sur 19 patientes de l’institution ainsi que leurs réactions au traitement, mais également de comparer la méthode employée à celles qui se développent à la même période dans les pays anglo-américains.
Méthode
Analyse historique critique d’une archive inédite. Comparaison avec d’autres protocoles de la même époque.
Résultats
De manière tout à fait spécifique, le contexte d’usage thérapeutique des psychédéliques en France s’oppose aux évolutions méthodologiques observées dans les autres pays Occidentaux de la même époque. En effet, les concepts du set and setting, qui s’élaboraient alors, ne furent pas adoptés par les équipes françaises, qui demeurèrent dans le cadre des thérapies de choc. Dans ces conditions, les comptes rendus des séances étaient pour la plupart teintés d’angoisse, voire de terreur. Si l’équipe présente un cas de guérison et quatre cas « d’amélioration légère », la majorité des patientes virent leur état empirer suite à l’expérience.
Discussion
Cette archive exceptionnelle nous permettra donc d’accéder au plus près des pratiques et des réflexions d’un des médecins français les plus reconnus du XXe siècle, ainsi que, dans une certaine mesure, aux témoignages des patientes ayant été soumises à ces expérimentations.
Conclusion
L’influence d’Henri Ey sur la psychiatrie française de l’époque était considérable. Ses conclusions sur la faible valeur thérapeutique du LSD vont ainsi avoir un impact majeur sur le regard porté par le corps médical français sur cette substance, ralentissant encore aujourd’hui le processus de reconsidération de ses propriétés. |