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| Titre : |
Le Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI), du nouveau dans la division subjective ? |
| Titre original : |
Dissociative Identity Disorder (DID): A New Twist on Subjective Division? |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Quentin Dumoulin, Auteur ; Pierre Bonny, Auteur |
| Année de publication : |
2024 |
| Article en page(s) : |
p. 299-321 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Dissociation Trouble dissociatif de l’identité Trouble dissociatif Hystérie Psychose hystérique Psychanalyse Schizophrénie Psychotraumatisme |
| Résumé : |
Objectifs
Il s’agit d’étudier les enjeux psychopathologiques et socioculturels du TDI (Trouble Dissociatif de l’Identité), en lien avec la façon dont l’épidémie des « personnalités multiples » s’est dissoute à la fin du XXe siècle.
Méthode
Nous retraçons d’abord l’histoire du trouble dissociatif en revenant sur les critères diagnostiques du TDI (DSM-5 et CIM-11) pour les comparer avec ceux de l’ancien TPM (Trouble de la Personnalité Multiple) du DSM-III. Nous revenons ensuite sur le concept de « dissociation » en psychiatrie, en soulignant quelques difficultés de traduction et sa plurivocité. Puis, nous proposons de mobiliser le concept des effets de boucle (I. Hacking) pour rendre compte de l’évolution de la nosologie des classifications internationales. Enfin, nous concluons sur les enjeux de la pratique clinique auprès de patients concernés.
Résultats
Le changement de nomination du trouble dissociatif (de TPM à TDI) s’est effectué en réponse à des controverses médico-légales des années 1990. Pour autant, cette nouvelle étiquette diagnostique ne résout ni la problématique épistémologique autour de la dissociation (autour du différentiel névrose/psychose), ni la question des accompagnements thérapeutiques. Le TDI fait aujourd’hui l’objet de deux lectures opposées entre le modèle psychotraumatique et le modèle socio-cognitif. S’ils présentent des écarts et des conceptions irréconciliables de la dynamique des troubles psychiques, ils soulignent tous deux de nombreux points communs à propos du TDI. L’existence de la possibilité de cohabitation de différentes consciences, identités, ou personnalités n’est pas remise en cause. De même, la question du traumatisme est examinée par les tenants des deux modèles.
Discussion
Le succès du TDI pourrait ainsi être en partie expliqué comme un retour de la thèse initiale de la division subjective (Freud, Lacan), incompatible avec l’idée d’un moi fort unifié comme idéal de santé mentale. Pour autant, la logique de « boucle » propre aux classifications des troubles psychiques conduit à reconnaître au TDI une possibilité de nomination par les patients de certains de leurs symptômes. Ainsi, la question n’est pas de déterminer la supériorité d’un modèle « explicatif » du TDI mais d’examiner la dynamique qui a conduit le sujet à être identifié à ce diagnostic. Dans le cas que nous présentons, le TDI est lié à un vécu psychotique chez le patient.
Conclusion
Le succès du TDI est contemporain d’interrogations sociales autour des questions d’identité. Les dynamiques du lien social propres au développement de nouvelles nominations ne peuvent cependant pas éclipser un certain réel de la folie se manifestant au travers de phénomènes dissociatifs. L’inconscient comme autre scène peut ainsi éclairer la logique de ces mécanismes, notamment en s’appuyant sur les outils du diagnostic structural proposés par la psychanalyse d’orientation lacanienne. Ces repérages permettent de préciser les conditions d’un accueil et d’une élaboration des troubles sous transfert pour les patients concernés. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=122676 |
in L'évolution psychiatrique > n°2 (Juin 2024 Vol. 89) . - p. 299-321
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