[article]
| Titre : |
Autisme et médiation thérapeutique musicale immersive : l’espace comme composante du timbre |
| Titre original : |
Autism and Immersive Musical Therapy: Space as a Component of Timbre |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Frédéric Vinot, Auteur ; Michel Pascal, Auteur ; Virginie Cayla, Auteur |
| Année de publication : |
2024 |
| Article en page(s) : |
p. 267-282 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Autisme Médiation thérapeutique Musique Espace Immersion Voix Pulsion |
| Résumé : |
Objectif
Cet article vise à mettre en évidence les effets cliniques d’un dispositif de musique immersive utilisé comme lieu de médiation thérapeutique auprès d’enfants autistes. L’immersion musicale étant basée sur l’hypothèse que l’espace est une composante du timbre, il s’agit donc de croiser de manière inédite deux grandes questions problématiques de l’autisme : l’espace et la voix. Pour ce faire, les référentiels psychanalytiques post-freudiens et lacaniens sont mobilisés et discutés.
Méthode
Après avoir présenté techniquement le dispositif immersif et expliqué les caractéristiques spatiales et esthétiques des œuvres qui y sont jouées, les auteurs déploient le cas clinique d’un enfant autiste de 11 ans et en repèrent différents temps. Les effets de contenance apparus initialement se sont vite trouvés limités, et le dispositif presque rejeté par l’enfant. Ce n’est qu’à l’occasion d’une œuvre basée sur différentes spatialisations d’une voix que l’enfant a pu réinvestir le dispositif et la relation avec le soignant en qualité de double, allant jusqu’à inventer des jeux l’incluant. Pour éclairer les effets subjectivant de ces séances, les auteurs font un premier rappel du rapport spécifique que le sujet autiste entretient avec la voix comme objet a, en s’appuyant notamment sur la notion de « délocalisation de la voix » qui est active dans tous les dispositifs de mise à distance du timbre, ce dernier étant compris comme un des noms du Réel de la voix. L’article s’attache ensuite à décrire précisément les caractéristiques spatiales de l’œuvre à laquelle l’enfant s’est montré si sensible en renouvelant son rapport à l’autre. Or, après analyse, l’œuvre en question s’avère en fait être composée non pas d’un seul espace unifié ou unifiant, mais de plusieurs espaces sonores, parfois diffusés simultanément.
Résultats
La notion de délocalisation de la voix est alors confrontée au fait que l’œuvre de musique immersive peut offrir bien plus qu’un simple point de délocalisation de la voix dans le même espace : elle offre l’expérience de plusieurs espaces sonores simultanés, ce que nous proposons de nommer une « délocalisation de la délocalisation de la voix », permettant d’alléger d’autant plus le sujet autiste de ce que Lacan appelle le « poids réel du sujet » mis en jeu par l’objet voix.
Discussion
L’article est l’occasion de plusieurs points de discussion : d’une part, les œuvres musicales immersives ne doivent pas être considérées comme recréant un environnement sonore réaliste (de type réalité virtuelle), mais bien comme proposant des espaces sonores impossibles. À ce titre, il existe un enjeu aussi bien esthétique qu’éthique dans l’usage clinique qui peut être fait de ces dispositifs musicaux immersifs. D’autre part, la construction de l’espace autistique ne relève pas seulement du regard mais aussi de la voix en sa dimension pulsionnelle. Enfin, la délocalisation de la délocalisation de la voix permettrait au sujet autiste d’en expérimenter la part atopique, c’est-à-dire son impossible localisation. La construction de l’espace se ferait donc autour d’un point atopique.
Conclusion
L’article cherche à démontrer l’intérêt que la clinique des médiations thérapeutiques par l’art peut trouver dans les recherches actuelles en composition électroacoustique, permettant de relancer les questionnements théorico-cliniques aussi bien sur l’espace que la voix. La dimension immersive est ainsi prise à la fois sur son versant musical et son versant transférentiel. |
| Permalink : |
https://ch-poitiers.fr/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=122674 |
in L'évolution psychiatrique > n°2 (Juin 2024 Vol. 89) . - p. 267-282
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