| Résumé : |
Dans la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies, Pascal se distancie d’un usage profane et mondain de la santé et de la maladie, pour se les approprier selon un usage théologique, christo-sotériologique, pharmacologique et anthropologique. La maladie pascalienne est alors une épochè religieuse selon la « raison des effets ». Le pharmakon pascalien est double : d’un côté, le poison est remède, car la maladie peut être l’occasion de santé spirituelle et de salut; et d’un autre côté, le remède est poison, car la santé est une porte ouverte à la maladie. Cette inversion s’opère par la grâce dans le cœur, selon une anthropologie de la disproportion. Le cœur est le lieu du conflit où la santé et la maladie sont à la fois des indices mondains de finitude et des indices divins d’infini. Malgré le piège rhétorique de la culpabilité et de la moralisation, et malgré l’absence de distanciation du Dieu des Chrétiens, Pascal invite à une disposition d’ouverture du cœur qui guérit le cœur même. |