| Résumé : |
De la réanimation au prélèvement d’organes : pressions temporelles et tensions intersubjectives. M. Malcom, âgé de 82 ans, est arrivé dans le service de réanimation pour une détresse respiratoire aiguë sur une suspicion de pneumopathie. Bien qu’ayant les yeux fermés, le patient est conscient, avec un score de Glasgow à 14 sur multiples traumas crâniens causés par des chutes au domicile. Alors qu’on l’installe en urgence et qu’il désature à 85 %, il est mécontent et râle de nos gestes invasifs sur son corps, ou encore du masque de la ventilation non invasive (VNI) bien trop invasif pour lui. Selon les transmissions orales reçues, le patient présente une masse de taille importante au pancréas qui suggère un cancer à un stade avancé. Mais M. Malcom est en rupture de suivi médical depuis des mois, et souhaite en réponse à l’agitation autour de lui qu’on le laisse tranquille. Dans l’urgence pourtant, je le pique à de nombreuses reprises pour réaliser des examens. Tentant de le rassurer en lui caressant la main, je me dis que peut-être, il ne souhaite pas de ce contact, mais qu’il est trop affaibli pour me le dire. M. Malcom exprime encore son mécontentement lors des soins invasifs et douloureux, quand les médecins décident, au vu de ses constantes vitales, de l’intuber et de le placer en coma artificiel. J’injecte les drogues, produisant la sédation. Sédaté, il semble alors plus serein. Une réunion éthique ne peut pas avoir lieu dans une telle situation d’urgence, il faut en priorité le stabiliser. Le lendemain, les résultats du scanner montrent un accident vasculaire du tronc cérébral. Le patient n’a pas renseigné de directives anticipées. Un entretien d’annonce se déroule dans la journée avec ses enfants. Ces derniers acceptent le prélèvement d’organe sur le corps de leur père. M. Malcom meurt dans la soirée d’une extubation terminale.[résumé d'éditeur] |