| Résumé : |
Quelle place accorder à la revendication d’un espace d’intimité d’un patient ? En réponse à ce questionnement, l’empathie et sa place dans les soins sont interrogées. J’apprends lors des transmissions du matin que M. Lavault est « peu compliant aux soins, revêche, renfrogné et grincheux » . Sur la centrale, l’alarme de sa saturation est désactivée, la courbe est plate, car il ne veut pas garder la pince au doigt. J’entre dans la chambre, son espace d’intimité. M. Lavault dort sur le côté, la couverture remontée jusqu’aux oreilles. Je le réveille à voix basse et le préviens que je vais allumer la lumière à faible intensité. Il bougonne mais accepte. M. Lavault, à J + 2 d’une hépatectomie, est porteur d’un cathéter veineux central, d’un cathéter artériel et d’une sonde urinaire. Il souffre d’un cancer diagnostiqué il y a six mois, traité avec succès par chimiothérapie, permettant alors le traitement par chirurgie. Il a toujours en place le cathéter de la péridurale, et de son grand pansement abdominal, s’échappe un drain. Je lui explique les dispositifs qui le contraignent et leur nécessité, notamment pour le traitement de la douleur, afin de favoriser son adhésion aux soins. M. Lavault finit par accepter ensuite tous les soins proposés, mais son degré de compliance s’affaiblit au cours de la journée. Son mécontentement semble grandir avec le passage récurrent dans sa chambre.[résumé d'éditeur] |