| Résumé : |
Les traitements pharmacologiques utilisés dans le trouble déficit de l’attention – hyperactivité (TDAH) sont parmi les plus efficaces des molécules utilisées dans le champ psychiatrique. Il s’agit de (1) psychostimulants dits amphétaminiques (essentiellement dexamfétamine et sa prodrogue, la lisdexamfétamine), (2) psychostimulants 'non amphétaminiques', dont le chef de file est le méthylphénidate, et (3) traitements non psychostimulants, dont le plus connu est l’atomoxétine. En France, seul le méthylphénidate est actuellement disponible. Par ailleurs, pendant longtemps, son autorisation a été limitée aux enfants, avec des conditions de prescriptions très strictes. Ces contraintes ont progressivement été levées pour suivre les règles plus habituellement retrouvées en Europe. Mais les autres traitements restent non commercialisés en France, ce qui crée des disparités problématiques , par comparaison avec la plupart de nos voisins. A l’initiative de la Délégation Ministérielle pour la psychiatrie et la santé mentale, la Délégation Interministérielle pour les Troubles du Neurodéveloppement, l’association de patients et famille TDAH-France, et la Société Française du TDAH (SF-TDAH), plusieurs groupes de travail ont été mis en place en début 2023, dont l’un consacré à développer l’accès aux traitements pharmacologiques encore inaccessibles en France. Des contacts ont été pris avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicaments et des produits de santé, la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de santé, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, et avec les laboratoires pharmaceutiques concernés. Dans les suites de ces échanges, il semble qu’un laboratoire s’engage vers une demande d’accès au marché français pour la dexamfétamine, et des réflexions sont en cours pour la lisdexamfétamine. Les institutions et autorités officielles traiteront toutefois les éventuels dossiers déposés avec le niveau d’exigence scientifique et réglementaire qu’elles s’imposent, et rien ne peut garantir à ce stade que d’éventuelles demandes de mise sur le marché seront acceptées, ou que les autorités de santé et les laboratoires trouvent un compris sur un prix permettant la commercialisation de ces produits. [résumé d'auteur] |