| Résumé : |
Le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental (TND) comme le trouble du spectre de l’autisme, les troubles spécifiques de l’apprentissage, le trouble de la coordination du développement et le syndrome de Gilles de la Tourette. Les TND peuvent être comorbides entre eux et avec d’autres affections psychiatriques ou non psychiatriques, rendant parfois le diagnostic du trouble index assez difficile selon l’âge et le sexe du patient. Le TDAH touche raisonnablement 2 % des enfants d’âge préscolaire, 4 % des enfants d’âge scolaire, 3 % des adultes et 1 % des personnes de plus de 60 ans. Plus de deux millions de personnes sont probablement concernées en France. Les critères de diagnostic sont strictement cliniques et sont fixés depuis plus de vingt ans dans des classifications internationales telles que le Manuel diagnostique et statistique de l’American Psychiatric Association et la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé. Il n’existe pas de biomarqueur fiable permettant de poser ou d’écarter le diagnostic. Les conséquences d’un retard ou d’une absence de diagnostic peuvent être dramatiques pour les enfants et leurs familles. Dans cet article, nous abordons la démarche de dépistage et de diagnostic du TDAH : identification des symptômes cardinaux et de leurs répercussions, identification des diagnostics différentiels et des diagnostics comorbides, examens complémentaires à prescrire éventuellement. Ces éléments seront utiles pour déterminer la stratégie thérapeutique, le suivi du patient et la surveillance d’un éventuel traitement médicamenteux. Nous proposons une liste d’échelles d’évaluation et d’entretiens semi-standardisés, parmi lesquels le clinicien pourra choisir d’utiliser le plus approprié en fonction de l’objectif poursuivi : dépistage, diagnostic du TDAH et évaluation de ses conséquences, ou évaluation psychopathologique plus large. En conclusion, le diagnostic de TDAH ne repose sur aucun test biologique, électrophysiologique ou neuropsychologique, ni sur l’imagerie cérébrale. Il doit être posé par un médecin formé au développement normal de l’enfant et aux troubles neurodéveloppementaux, selon une démarche raisonnée. [résumé d'auteur] |