| Résumé : |
Le Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui affecte 5 % des enfants et près de 3 % des adultes. Ce trouble fréquent, souvent associé à des comorbidités, s’inscrit dans une trajectoire développementale de l’enfance à l’âge adulte et peut retentir dans différents domaines du fonctionnement de l’individu. Nous présentons une revue narrative non exhaustive, centrée sur l’évolution du concept de TDAH et de sa prise en charge chez l’enfant et l’adolescent. Les premières descriptions cliniques européennes de 'l’attentio volubilis' par Wiekard et Kloekhof, datent du 18e siècle. A la fin du 19e siècle, le Dr Bourneville introduit le concept 'd’instabilité mentale'. Puis, Georges Still, pédiatre, décrit le syndrome de ' perte de contrôle moral' qu’il associe au 'Minimal Brain Damage' se référent à des lésions cérébrales mineures, théorie reprise dans les études sur l’encéphalite de Van Economo-Cruchet qui dans sa forme hyperkinétique se rapproche du TDAH tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les premiers essais de thérapeutiques médicamenteuses (Benzédrine puis Méthylphénidate) viendront attester des soubassements neurologiques. Puis, deux courants théoriques évoluent : une approche neuro-anatomique et neurobiologique d’une part et un courant psychanalytique d’autre part. Des polémiques sur la reconnaissance du trouble et sa causalité émergent, participant à un mauvais repérage et un retard d’accès au diagnostic en France. L’apport des neurosciences (cognition, imagerie, électrophysiologie, génétique, épigénétique…) permettent d’élaborer des modèles théoriques de compréhension intégratifs qui décrivent la complexité du trouble. Ces recherches permettent l’évolution des classifications d’une approche catégorielle ; se centrant initialement sur l’inattention puis réintégrant l’hyperactivité, définissant les sous-types de TDAH ; vers l’approche dimensionnelle et neurodéveloppementale (DSM-5). Le TDAH fait l’objet d’une déclaration de consensus international. Les investigations scientifiques sur des données en masse permettront d’améliorer la connaissance de ce trouble, au bénéfice du patient. [résumé d'auteur] |