| Résumé : |
De par ses conséquences sur les sujets souffrant de maladie d’Alzheimer ainsi que sur leurs aidants, l’anosognosie est actuellement l’objet de multiples recherches. Cet article en rappelle les principaux modèles et outils d’évaluation. Ces derniers relèvent de méthodologies centrées sur les dimensions de l’anosognosie (écart patient–proche, écart prédiction–performance et évaluation par le clinicien) ou centrées sur le sujet (échelles phénoménologiques) et dont les principaux corrélats sont le fardeau de l’aidant, la cognition globale, l’apathie et la dépression. Les outils validés en France sont encore très restreints, expliquant le manque d’intérêt pour l’anosognosie en pratique clinique courante, en dépit de ses conséquences sur la qualité de vie du patient et de son aidant. De plus, il n’existe pas de données normatives à même de fournir quelques repères pour les cliniciens. Pourtant, les méthodes centrées sur les dimensions de l’anosognosie s’avèrent quasi systématiquement associées à l’apathie, indépendamment des différents domaines évalués (troubles cognitifs, comportementaux, etc.), de telle sorte que l’apathie semble être la dimension la plus discriminante de l’anosognosie suivant la sévérité de la maladie, offrant de nouvelles perspectives d’évaluation en pratique clinique. La dépression associée négativement à l’anosognosie pourrait relancer la question du déni, dont l’implication dans ce symptôme nécessiterait de pouvoir être argumentée par une causalité entre les deux entités, requérant à minima des investigations plus qualitatives auprès du sujet. Aussi, les échelles phénoménologiques, plus à même d’éclairer les processus à l’oeuvre dans l’anosognosie ainsi que leur impact particulier sur l’aidant, semblent d’intérêt en vue de favoriser des perspectives préventives et thérapeutiques. [résumé d'auteur] |