| Résumé : |
Nous aborderons les grandes modalités et les principaux jalons dans les conceptions psychiatriques de 1852 à nos jours. L’épistémologie dans l’histoire contemporaine possède une spécificité dans sa démarche qui consiste à examiner l’état du développement historique des sciences. Et l’épistémologie de l’école de Piaget nous aide particulièrement à individualiser les différentes phases de la compréhension de la psychiatrie dans l’évolution de la Société Médico-Psychologique. Les membres fondateurs de notre Société représentent des disciplines très diversifiées (psychiatrie, philosophie, médecine, physiologie, administration, etc.), et nous distinguerons trois domaines : les grands paradigmes des 170 ans d’activité ; les grandes démarches épistémologiques ; les évaluations récentes, au milieu des différentes crises. Les grands paradigmes des 170 ans d’activité ont été particulièrement bien étudiés par Georges Lanteri-Laura. Nous distinguerons avec lui trois grandes phases : la période de l’aliénation mentale (1791–1854), de Pinel à Boismont, où sont bien présents les précurseurs spiritualistes de l’époque. La période des maladies mentales (1854–1926) de Falret, Magnan à Auguste Comte. La période des grandes structures (1926–1977), du Congrès de Genève-Lausanne, avec la présentation en français de Bleuler sur sa conception de la schizophrénie, à la mort de Henri Ey, avec les œuvres de Charcot, Broca, Clérambault, Régis, Guiraud et la présence de Bergson, Merleau-Ponty, et la phénoménologie allemande, jusqu’à la grande œuvre de Henri Ey. Et enfin la période du système classificatoire (à partir de 1975–1980), que nous ajoutons aux études précédentes, avec l’arrivée des différents DSM, et la classification internationale des troubles mentaux CIM 10. Nous citerons la célèbre réunion franco-américaine de 1978, et les contributions de nombreux membres de la Société Médico-Psychologique tout au long de cette période. Les grandes démarches épistémologiques sont importantes à préciser tout au long de ces phases, surtout dans les deux dernières périodes. Les rapports entre la clinique et l’épistémologie sont très concernés dans deux domaines particulièrement : la transformation des concepts, et la dialectique des modèles (avec les très importantes études de C.J. Blanc) [...] |