| Résumé : |
L’expérience traumatique s’avère caractérisée par l’« indicibilité » : point de mot pour réellement exprimer, pour traduire, pour se représenter l’horreur traversée. Et pourtant, paradoxalement, l’accès principal à notre connaissance de la dissociation traumatique provient de ce que les patients arrivent à nous en dire ne serait-ce que partiellement, chaotiquement… Les empreintes lexicales, syntaxiques et pragmatiques du trauma dans le discours, que nous avons baptisées syndrome psycholinguistique traumatique (SPLIT), s’expriment selon une dissociation automatico-volontaire prenant forme graduelle : plus le trauma apparaît présent et plus les stigmates psycholinguistiques se manifestent ; plus le sujet s’éloigne psychiquement du trauma et de ses conséquences, plus le discours regagne l’état nominal. |