| Résumé : |
Les auteurs s’interrogent sur certains des enjeux et des conséquences psychiques et sociopolitiques de la crise planétaire déterminée par la pandémie du covid-19. En prise directe avec l’actualité, il s’agit de saisir en quoi cette pandémie exacerbe des processus qui étaient déjà en cours dans les sociétés contemporaines, et que les auteurs proposent de nommer « évaporation de la responsabilité collective », et en quoi elle constitue un point de retournement. De la contrainte de distanciation sociale à la rhétorique de la guerre, assiste-t-on à l’accomplissement d’un désir inconscient et ancien d’immunisation des corps sociaux ? Comment continuer à faire communauté ? Les mesures « immunitaires » mettent en lumière la crise de la groupalité, et l’espace public apparaît déshabité par le « chœur » indispensable au travail d’appropriation subjective. Une telle puissance collective semble toutefois trouver, au sein même de sa mise en retrait, de nouvelles formes de re-territorialisation.
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