| Résumé : |
À partir de l’avarice pathologique d’Harpagon dans la pièce L’Avare de Molière, il s’agira de montrer que ce symptôme a permis à Harpagon de ne pas sombrer dans la folie, de ne pas « dérailler » ou « sortir du sillon » (selon l’étymologie du mot « délire »). L’objectif est donc de rendre compte de la valeur des « suppléances préventives », ou de certains symptômes dits de « compensation ». L’article débute par une courte revue de la littérature consacrée à la question de l’avarice dans ses rapports à la psychopathologie. Nous verrons ensuite tous les éléments qui nous permettent d’envisager le personnage d’Harpagon non seulement comme un tyran domestique mais bien comme un véritable « persécuté-persécuteur ». Le vol de la fameuse « cassette » viendra faire vaciller, ébranler profondément le monde d’Harpagon. On voit en cet instant pointer l’émergence du délire. Ce sera ainsi l’occasion de nous demander : à quoi l’avarice pouvait-elle servir à Harpagon jusqu’alors ? |