| Résumé : |
On a trop tendance à penser le « trauma de l’amour » comme manque, privation ou faiblesse. D’où l’irénisme d’une vie sans blessure, dont l’amour supposé comme fusion ou totalité manquerait l’exemplarité. Et si l’on accepte parfois la dure réalité de l’acte d’aimer, on lui donne alors tellement sens que son impossibilité ne vient plus nous heurter, ou ne devrait plus nous choquer. Tout se passe comme si dans la phénoménologie certes, mais aussi dans l’herméneutique, voire dans la psychanalyse, tout devait à ce point « signifier » que plus rien ne demeure hors du sens qu’on a bien voulu lui attribuer. Ne pas convertir trop vite le « trauma de l’amour » en « amour du trauma », revient alors à accepter d’être-là dans une blessure originelle qui n’a rien de sensé, mais dont l’amour revient à autrement l’habiter. |