| Résumé : |
Cet article interroge le mode d’entrée en lice du diagnostic d’état-limite, originairement borderline, dans la nosographie de l’époque. Nous nous appuyons sur la littérature psychanalytique qui de 1938 à nos jours, fait état de l’état-limite, dans une opposition entre pertinence et inconsistance selon que l’on soit pro ou anti-état-limite. L’état-limite, qu’il s’agisse des patients diagnostiqués comme tels ou du concept, s’est affirmé sur un mode que nous qualifions d’insolent. Ces patients chahutent le cadre de la cure analytique tandis que le concept bouscule la nomenclature théorique en place (psychose, névrose et perversion). Des auteurs font l’hypothèse que les théoriciens de l’état-limite sont animés par le désir (conscient ou inconscient) de renverser la nosographie classique et au-delà, de mettre à bas les fondations sur lesquelles le Père de la psychanalyse, Sigmund Freud, s’est lui-même appuyé. La pugnacité des théoriciens de l’état-limite traduirait un désir de détrôner la figure paternelle. |